La glande uropygienne du perroquet : son rôle et pourquoi il ne faut jamais la presser
Les oiseaux ne possèdent pas de glandes anales. La pratique consistant à presser cette zone est héritée du toilettage canin et provoque des blessures. La glande présente chez les perroquets est située à la base de la queue et produit une huile de lissage. Ce guide explique son rôle, les espèces qui en sont dépourvues, les risques d'obstruction et de tumeurs, les causes possibles d'une masse à cet endroit, ainsi que la signification du frottement du cloaque, des souillures et du prolapsus.

Réponse rapide
Les oiseaux ne possèdent pas de glandes anales. Il n'y a rien à exprimer au niveau du cloaque d'un perroquet, et la pratique consistant à presser cette zone, empruntée au toilettage des chiens, provoque de réelles blessures.
La glande que possèdent les perroquets est située ailleurs : sur le dos, à la base de la queue. C'est la glande uropygienne, elle produit l'huile que l'oiseau répartit sur ses plumes, et elle peut parfois poser problème. Comprendre sa localisation et son rôle permet de répondre à la plupart des questions concernant les problèmes liés au bas du dos.

Le bain est l'activité la plus bénéfique qu'un propriétaire puisse offrir pour l'état du plumage, car un oiseau mouillé se lisse les plumes, et c'est ainsi que l'huile est répartie là où elle est nécessaire.
- La glande uropygienne se situe sur la face supérieure de la base de la queue, et non près du cloaque.
- Ne jamais presser, exprimer ou masser cette glande. Une glande rompue ou contusionnée est bien pire qu'une glande engorgée.
- Un gonflement à la base de la queue, une perte de plumes à cet endroit ou un oiseau qui mordille cette zone nécessite une consultation chez un vétérinaire aviaire.
- Certains perroquets, dont les amazones et les aras hyacinthes, n'ont pas de glande uropygienne et vivent parfaitement bien sans.
- Un oiseau qui se frotte ou se traîne au niveau du cloaque présente généralement un comportement hormonal, des souillures ou une maladie cloacale, chacun nécessitant une réponse différente.
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Ne tentez jamais d'exprimer la glande uropygienne d'un oiseau.
La glande est une structure petite et fine située directement au-dessus des vertèbres caudales, avec très peu de tissus pour la protéger. Presser cette zone rompt la paroi, force les sécrétions dans les tissus environnants et provoque une infection bien plus difficile à traiter qu'une obstruction. Les propriétaires ayant lu des informations sur l'expression des glandes anales chez les chiens appliquent parfois cette idée aux oiseaux, ce qui entraîne une douleur et des lésions sur une glande qui ne présentait aucun problème initialement. Si vous pensez que la glande est enflée, prenez une photo et consultez un vétérinaire aviaire.
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- Espèces
- perroquets, dont perruches, calopsittes, conures, gris du Gabon, cacatoès et aras
- Catégorie
- toilettage
- Niveau de risque
- moyen
- Sujet
- la glande uropygienne, son rôle, quand elle dysfonctionne et ce que signifient les comportements liés au cloaque
- Quand consulter
- gonflement ou masse ulcérée à la base de la queue, ou tout tissu faisant saillie au niveau du cloaque
- Espèces sans cette glande
- perroquets amazones et aras hyacinthes, entre autres
Décider en 60 secondes
| Ce que vous voyez | Action immédiate |
|---|---|
| Petite bosse emplumée à la base de la queue, l'oiseau se lisse les plumes normalement | Glande normale. Aucune action. |
| Aucune glande visible chez un amazone ou un ara hyacinthe | Normal pour l'espèce. Aucune action. |
| Gonflement à la base de la queue, plumes déplacées ou perdues | Prenez rendez-vous chez un vétérinaire aviaire. Ne pas toucher ni presser. |
| Oiseau mordillant ou picorant répétitivement la base de la queue | Prenez rendez-vous chez un vétérinaire aviaire. Il existe une gêne. |
| Masse ulcérée, saignante ou croûteuse à la base de la queue | Consultation dans la semaine, plus tôt si cela saigne. |
| Plumes grasses, emmêlées ou ternes sur tout le corps | Vérifiez la fréquence des bains, le régime alimentaire et si l'oiseau se lisse les plumes. |
| Oiseau frottant son cloaque sur les perchoirs, jouets ou votre main | Comportement hormonal. Vérifiez les heures de lumière, les sites de nidification et vos contacts physiques avec l'oiseau. |
| Cloaque souillé, plumes collées par des fientes | Observez les fientes. La souillure est un symptôme. |
| Tissu surélevé ressemblant à un chou-fleur au niveau du cloaque | Consultation chez un vétérinaire aviaire dans la semaine. Un examen est nécessaire. |
| Tissu rouge ou rose faisant saillie au cloaque | Urgence. Gardez-le humide avec du sérum physiologique. Consultez immédiatement. |
Qu'est-ce que la glande uropygienne
Si vous passez un doigt le long du dos d'un perroquet vers la queue, vous rencontrerez une petite structure surélevée juste avant le début des rectrices, généralement surmontée d'une touffe de petites plumes. Il s'agit de la glande uropygienne.
C'est une glande sécrétrice double avec une ouverture commune. Elle produit un mélange de cires, d'acides gras et d'autres lipides, que l'oiseau récolte avec la pointe de son bec et répartit sur ses plumes lors du toilettage.
La sécrétion a plusieurs fonctions. Elle maintient la structure de la plume souple, permettant aux barbes de se solidariser correctement plutôt que de devenir cassantes. Elle contribue à l'imperméabilité. Elle contient des composés aux propriétés antibactériennes et antifongiques, essentiels pour un animal qui ne peut pas se laver. De plus, elle contient des précurseurs transformés en vitamine D par la lumière du soleil, ingérés lors du toilettage, ce qui explique pourquoi une exposition à la lumière naturelle ou artificielle appropriée est cruciale.
La glande n'est pas présente chez toutes les espèces. Les perroquets amazones et les aras hyacinthes sont les plus connus pour en être dépourvus. Ces oiseaux se passent très bien de cette glande, s'appuyant davantage sur la structure de leurs plumes et, pour certaines espèces, sur le duvet poudreux.
Le duvet poudreux mérite une mention car il perturbe parfois les nouveaux propriétaires. Les cacatoès, les gris du Gabon et les calopsittes produisent des plumes spécialisées qui se décomposent continuellement en une fine poudre de kératine. Un gris qui laisse un film de poussière sur les meubles a un comportement normal. Un gris qui en produit soudainement beaucoup moins mérite une attention particulière, car une baisse de poudre peut accompagner une maladie.
Quand la glande dysfonctionne
Obstruction.
Le canal se bloque et la sécrétion s'accumule, produisant un gonflement ferme. L'oiseau peut mordiller la zone et les plumes sont déplacées. L'obstruction n'est pas une glande engorgée nécessitant une vidange à domicile. C'est un blocage qui doit être évalué, et le traitement peut impliquer des compresses chaudes, un rinçage sous sédation ou des médicaments.
Infection et abcès.
Souvent consécutifs à une obstruction. La zone devient enflée, parfois chaude, avec un écoulement ou des croûtes. L'oiseau montre une gêne évidente et peut cesser de toiletter la zone caudale.
Néoplasie.
Les tumeurs de la glande uropygienne sont reconnues, notamment chez les perruches. Elles se présentent sous forme d'une masse croissante, parfois ulcérée ou saignante à la base de la queue. C'est pourquoi une bosse ne doit jamais être traitée comme un kyste à presser chez soi. Un diagnostic approprié est indispensable, souvent via une biopsie.
L'importance du régime alimentaire.
La carence en vitamine A est l'un des problèmes nutritionnels les plus courants chez les perroquets nourris aux graines. Parmi d'autres effets, elle modifie le revêtement des tissus glandulaires, facilitant les obstructions et épaississant les sécrétions. Un oiseau présentant des problèmes récurrents de glande uropygienne avec un régime à base de graines est le signe d'un besoin de rééquilibrage alimentaire.
Que fera le vétérinaire.
Examen approfondi de la zone, nécessitant souvent une contention brève et l'écartement des plumes sous une bonne lumière. Cytologie de tout écoulement. Imagerie si le gonflement est important ou fixé. Biopsie pour toute masse suspecte. Le traitement varie des compresses chaudes et antibiotiques jusqu'à l'exérèse chirurgicale ; le pronostic dépend fortement de s'il s'agit d'une infection ou d'une tumeur.
La bosse à la base de la queue : diagnostics différentiels
Tout ce qui se trouve dans cette zone n'est pas forcément la glande uropygienne.
Lipome.
Masse graisseuse molle, fréquente chez les perruches et les oiseaux en surpoids, plus souvent sur le torse et l'abdomen que sur la base de la queue.
Xanthome.
Plaque de tissu jaunâtre et épaissie associée à une accumulation de cholestérol, souvent retrouvée chez les mêmes individus sujets aux lipomes.
Kyste plumeux.
Plume ayant poussé vers l'intérieur, créant une bosse ferme contenant de la kératine. Certaines espèces y sont plus prédisposées.
Abcès.
Ferme, parfois chaud. Chez les oiseaux, le pus est épais et ne s'écoule pas comme chez les mammifères.
Problème de plume de sang.
Une plume de queue en croissance endommagée saigne abondamment et peut provoquer un gonflement local. C'est une urgence différente.
Graisse simple.
Certains oiseaux ont un amas graisseux dans cette zone, particulièrement en cas de surpoids.
Des photos prises directement du dessus et de profil, plumes écartées, sont les éléments les plus utiles à apporter à votre rendez-vous, car un vétérinaire peut rarement reproduire l'aspect de la lésion lors de la consultation et un oiseau sous contention maintient ses plumes différemment.

La qualité des plumes sur tout l'oiseau indique si le toilettage est efficace. Un plumage terne, ébouriffé ou gras est un signal, non un problème cosmétique.
Ce qui se passe réellement au niveau du cloaque
Puisque c'est là que la question originale commence souvent, il est important d'être précis sur la signification des comportements liés au cloaque.
Frottement contre des perchoirs, jouets, mains ou objets mous.
Il s'agit d'un comportement sexuel, extrêmement courant chez les perroquets de compagnie, notamment les cacatoès, les calopsittes et certaines conures. Il est stimulé par une longue durée d'éclairage, une alimentation riche, l'accès à des espaces sombres fermés, des matériaux de nidification et des contacts physiques le long du dos ou sous les ailes. La solution est de modifier ces facteurs plutôt que de punir le comportement, car une stimulation hormonale persistante conduit à de véritables maladies, incluant la ponte chronique chez les femelles et le prolapsus cloacal chez les deux sexes.
Plumes du cloaque souillées.
Presque toujours le symptôme d'autre chose : fientes molles, incapacité à se toiletter en raison d'arthrose ou d'obésité, ou état de santé général dégradé. Observez les fientes, la mobilité de l'oiseau et traitez la cause. Couper les plumes du cloaque n'est pas la solution et crée ses propres problèmes.
Masse surélevée, rugueuse, ressemblant à un chou-fleur au cloaque.
Maladie reconnue chez certaines espèces de perroquets, associée à un virus, nécessitant un diagnostic vétérinaire plutôt qu'un traitement à domicile. Elle peut affecter d'autres parties du système digestif.
Tissu faisant saillie au cloaque.
Un prolapsus. Un tissu humide, rouge ou rose visible à l'extérieur du corps est une urgence. Maintenez-le humide avec du sérum physiologique stérile, ne tentez pas de le repousser, n'appliquez aucune crème et consultez immédiatement un vétérinaire aviaire. Le prolapsus fait suite à des poussées, un comportement hormonal chronique, la ponte ou certaines infections. La cause sous-jacente doit être traitée pour éviter la récidive.
Poussées ou postures répétées au niveau du cloaque.
Chez une femelle, envisagez une rétention d'œuf, une urgence absolue. Chez tout oiseau, envisagez une constipation, une masse ou une maladie cloacale.
À quoi ressemble un bon soin du plumage
Les actions utiles pour le plumage d'un perroquet sont simples.
Baignez régulièrement.
Proposez de l'eau et laissez l'oiseau choisir la méthode : bol peu profond, brumisation légère, légumes verts humides sur lesquels se rouler, ou perchoir de douche. L'eau est le seul traitement. Le but n'est pas de laver l'oiseau mais de déclencher une séance de toilettage, moment où l'huile est distribuée et la structure des plumes remise en place.
N'utilisez que de l'eau.
Aucune huile, aucun après-shampooing, aucun produit à l'aloe vera, aucun détergent, ni aucun produit vendu pour faire briller le plumage. Toute substance huileuse détruit la structure et les propriétés isolantes des plumes, exposant l'oiseau à l'hypothermie.
Nourrissez pour le plumage.
La qualité des plumes dépend de l'alimentation. Une base de granulés avec des légumes frais apporte la vitamine A, contrairement aux mélanges de graines. La plupart des plumages ternes, cassants ou mal colorés proviennent de ce qu'il y a dans l'écuelle.
Offrez de la lumière et du repos.
Lumière du soleil ou éclairage aviaire approprié, et une longue période d'obscurité réelle. Les deux influencent la qualité du plumage et la mue ; la période d'obscurité réduit aussi les comportements hormonaux.
Observez le toilettage plutôt que de le faire à sa place.
Un perroquet en bonne santé consacre une grande partie de la journée à se toiletter. Un oiseau qui a arrêté est malade, souffre ou ne peut pas atteindre certaines zones. Ce changement est bien plus informatif que n'importe quel détail sur une plume individuelle.
Laissez la glande tranquille.
Observez-la lors de vos manipulations routinières, notez tout changement, mais n'intervenez pas dessus.
Ce qu'il ne faut jamais faire
Ne jamais presser, exprimer, masser ou appliquer de pression sur la glande uropygienne.
Ne jamais tenter de percer, vider ou ouvrir un gonflement à la base de la queue.
Ne jamais appliquer d'huiles, de crèmes, d'onguents ou de produits à l'aloe vera sur les plumes.
Ne jamais couper les plumes du cloaque pour les garder propres.
Ne jamais repousser un tissu faisant saillie au niveau du cloaque.
Ne jamais traiter le frottement hormonal en grondant l'oiseau. Cela ne fonctionne pas et dégrade la relation.
Ne jamais caresser continuellement un oiseau le long du dos, de la queue ou sous les ailes s'il montre un comportement hormonal. Ce contact fait partie de la cause.
Ne jamais supposer qu'une bosse est une glande obstruée. Les perruches, en particulier, développent des tumeurs exactement à cet endroit.
Mon perroquet n'a pas de glande uropygienne visible. Est-ce grave ?
Mon oiseau frotte son cloaque sur ma main. Dois-je l'arrêter ?
Dois-je nettoyer autour du cloaque de mon perroquet ?
À quelle fréquence dois-je baigner mon perroquet ?
Quand demander de l'aide
Contactez immédiatement un vétérinaire aviaire pour tout tissu faisant saillie au cloaque, pour un saignement actif d'une masse à la base de la queue, ou pour une femelle qui fait des efforts de ponte.
Prenez rendez-vous dans la semaine pour un gonflement à la base de la queue, une zone que l'oiseau mordille constamment, une masse ulcérée ou croûteuse, une zone rugueuse au cloaque, ou un oiseau qui a cessé de se toiletter.
Prenez un rendez-vous de routine pour un plumage terne, gras ou ébouriffé qui ne s'est pas amélioré avec des bains réguliers et un meilleur régime alimentaire, car la qualité des plumes est un indicateur général de santé plutôt qu'un problème local.
Apportez des photos du dessus et de profil avec les plumes écartées, le régime alimentaire exact (y compris les refus), le poids actuel, les heures quotidiennes d'exposition à la lumière et à l'obscurité, la durée du problème et si l'oiseau mordille la zone. Pour les problèmes de plumes et de glandes, l'historique alimentaire explique une grande partie du diagnostic.
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Cet article est informatif et ne remplace pas un avis vétérinaire. Si votre animal est malade, consultez un vétérinaire.
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