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HealthBird14 min read

Convulsions chez les oiseaux : premiers gestes et causes à rechercher

Un oiseau en crise de convulsions ne doit jamais être contenu ni recevoir d'objet dans le bec. Découvrez les premiers gestes de secours et les causes à explorer en priorité : l'intoxication aux métaux lourds (éléments de la cage), l'hypocalcémie chez le Perroquet jaco et les collisions contre les vitres.

Convulsions chez les oiseaux : premiers gestes et causes à rechercher — Peqaboo

Réponse rapide

Une crise de convulsions chez un oiseau se manifeste par une perte de contrôle soudaine : l'oiseau tombe de son perchoir, ses ailes et ses pattes s'agitent de manière désordonnée ou se raidissent, sa tête se tord vers l'arrière et il ne réagit plus à vos sollicitations. La crise dure généralement de quelques secondes à deux minutes, après quoi l'oiseau reste hébété, faible, et souvent temporairement aveugle ou instable.

Une convulsion n'est pas une maladie en soi. C'est un symptôme qui, chez les oiseaux de compagnie, oriente vers une liste restreinte de causes principalement liées à la cage, à l'alimentation ou aux fenêtres de la pièce où l'oiseau vole.

Presque tout ce dont un vétérinaire a besoin pour identifier la cause d'une convulsion aviaire provient de la cage, de l'alimentation et de l'environnement, plutôt que de l'oiseau lui-même.

  • Ne tenez pas, ne contenez pas et ne ramassez pas un oiseau en pleine crise de convulsions.
  • Ne mettez jamais votre doigt, une cuillère ou tout autre objet dans le bec de l'oiseau. Les oiseaux ne peuvent pas avaler leur langue.
  • Chronométrez l'épisode et filmez-le si possible. Une vidéo est bien plus utile pour le diagnostic que n'importe quelle description.
  • Les trois causes principales à envisager en premier sont l'intoxication aux métaux lourds, l'hypocalcémie et le traumatisme crânien.
  • Toute première crise impose une consultation le jour même chez un vétérinaire spécialisé en médecine aviaire, même si l'oiseau semble tout à fait normal une heure plus tard.

:::danger
L'intoxication au zinc et au plomb provoque des convulsions chez les oiseaux de compagnie, et la source se trouve généralement à l'intérieur même de la cage.

Le grillage galvanisé, les mousquetons et attaches bon marché, les battants de clochettes, les chaînettes, certains accessoires de cage importés, le vieux bois peint, les lests de rideaux, les soudures de vitraux, les plombs de pêche et les bijoux de fantaisie sont autant de sources potentielles. Les oiseaux rongent constamment le métal et en ingèrent des fragments. L'intoxication aux métaux lourds se soigne par chélation si elle est prise à temps, mais elle est mortelle sans traitement. C'est pourquoi le vétérinaire effectuera ces tests en priorité.
:::

En un coup d'œil
Espèce
oiseaux
Catégorie
santé
Niveau de risque
élevé
Sujet clé
que faire pendant une crise et quelles causes rechercher ensuite
Quand consulter en urgence
le jour même pour une première crise, immédiatement en cas de crises répétées ou prolongées
Risque accru
Perroquets jacos (calcium), tous les oiseaux destructeurs/rongeurs (métaux lourds), jeunes oiseaux en apprentissage du vol (traumatismes)

Décider en 60 secondes

Symptômes observésAction immédiate
L'oiseau se débat violemment dans sa cage dans l'obscurité, mais se calme dès que la lumière est alluméeTerreur nocturne (fréquente chez les calopsittes). Installez une veilleuse. Vérifiez l'absence de blessure.
Bref tremblement ou spasme, l'oiseau reste sur son perchoir et reste conscientNotez l'heure, filmez la scène et prenez rendez-vous chez un vétérinaire aviaire dans la semaine.
L'oiseau est tombé du perchoir, s'agite au sol ou est rigide, ne réagit plus, crise de moins de deux minutesNe le touchez pas. Chronométrez et filmez. Consultez un vétérinaire aviaire le jour même dès la fin de la crise.
La crise se poursuit au-delà de deux minutesUrgence. Appelez la clinique immédiatement et transportez l'oiseau pendant la crise.
Deux crises ou plus dans la même journée, ou crises successives rapprochéesUrgence absolue. Prise en charge vétérinaire dans l'heure.
Convulsion faisant suite à un choc crânien connu contre une vitre ou un miroirUrgence. Gardez l'oiseau dans l'obscurité et au calme, et transportez-le immédiatement.
Convulsion chez un oiseau qui ne s'alimente plus, ou chez un très petit oiseauUrgence. Une hypoglycémie est très probable et peut être rapidement mortelle.
Convulsion accompagnée de régurgitations, de faiblesse et d'urates colorésUrgence. Signalez au vétérinaire que vous suspectez une intoxication aux métaux lourds.

Que faire pendant la crise

Ne prenez pas l'oiseau dans vos mains. Manipuler un oiseau en convulsion prolonge la crise, et un oiseau dont le corps est contenu ne peut plus respirer.

Notez l'heure. Les secondes semblent des minutes dans ces moments-là, mais la durée réelle est l'une des informations les plus précieuses pour le vétérinaire.

Filmez la scène. Une vidéo de trente secondes avec votre téléphone est bien plus utile pour le diagnostic qu'une page de notes, car la nature des mouvements indique au vétérinaire où se situe le problème dans le système nerveux.

Réduisez les stimulations. Éteignez les lumières vives, coupez la télévision, demandez le silence et éloignez les autres animaux de compagnie. Ne couvrez pas la cage pendant que l'oiseau se débat, car vous devez pouvoir le surveiller.

Sécurisez la zone de chute si vous pouvez le faire sans passer la main directement au-dessus de l'oiseau. Placez une serviette pliée au fond de la cage et retirez tout récipient d'eau profond dans lequel l'oiseau pourrait tomber et se noyer.

Ne mettez rien dans le bec. Ne lui proposez pas d'eau. N'essayez pas de lui maintenir la tête immobile.

Après la crise

Attendez-vous à une phase de récupération (état hébété). L'oiseau peut être incapable de s'agripper, rester prostré au sol, sembler aveugle ou ne pas vous reconnaître. C'est tout à fait normal et cela peut durer de quelques minutes à plusieurs heures.

Ne déplacez l'oiseau qu'une fois les mouvements convulsifs totalement arrêtés. Utilisez une serviette légère, soutenez délicatement sa tête en laissant sa poitrine totalement libre de ses mouvements, et placez-le dans une petite boîte de transport tapissée d'essuie-tout, sans perchoir pour éviter toute nouvelle chute.

Gardez-le au chaud. Placez une source de chaleur à l'extérieur de la boîte, de manière à ne chauffer qu'une seule extrémité. L'autre côté doit rester tempéré pour que l'oiseau puisse s'en éloigner s'il a trop chaud.

Ne lui proposez ni nourriture ni eau tant qu'il n'est pas parfaitement alerte, debout et de retour à son comportement habituel. Un oiseau hébété risque une fausse route (aspiration).

Consultez ensuite un vétérinaire. N'attendez pas une deuxième crise pour vous décider. Une seule convulsion suffit à justifier une consultation immédiate, car la plupart des causes se soignent très bien si elles sont prises en charge rapidement.

Les causes à explorer en priorité

L'intoxication aux métaux lourds.

Le zinc et le plomb sont les deux principaux coupables. Les oiseaux adorent mordiller le métal. Les fragments ingérés (provenant de grillages galvanisés, d'attaches, de chaînettes, de battants de clochettes, de soudures, de vieilles peintures, de lests ou de bijoux) s'accumulent dans le tube digestif et libèrent du métal de manière continue dans l'organisme.

Les symptômes dépassent souvent les simples convulsions : faiblesse générale, régurgitations, perte d'appétit et, chez certaines espèces, coloration anormale des urates (la partie blanche des fientes). Le diagnostic repose sur des analyses de sang et des radiographies. Le traitement associe une thérapie par chélation et l'élimination des fragments métalliques encore présents dans le système digestif.

L'hypocalcémie (manque de calcium).

Le Perroquet jaco (gris du Gabon) présente une prédisposition très documentée aux convulsions dues à l'hypocalcémie. Le calcium est indispensable à la transmission de l'influx nerveux et à la contraction musculaire. Un jaco nourri exclusivement de graines, sans accès à la lumière naturelle directe (non filtrée par les vitres) ou à une lampe UV spécifique pour oiseaux, ne peut pas assimiler le calcium, même si sa nourriture en contient.

Cette carence est invisible jusqu'à la survenue de la première crise. Il n'y a aucun signe avant-coureur, d'où l'importance cruciale de l'alimentation et de l'éclairage, en particulier pour cette espèce.

Le traumatisme crânien.

Les oiseaux se heurtent fréquemment aux fenêtres, aux miroirs et aux baies vitrées, et le choc n'a pas besoin d'être spectaculaire pour causer des dégâts. Les jeunes oiseaux apprenant à voler, ceux dont les plumes de vol repoussent après une coupe, ou les oiseaux effrayés lors de leurs sorties hors de la cage sont les plus exposés.

Les convulsions consécutives à un choc à la tête peuvent apparaître immédiatement ou de manière différée, à mesure que l'œdème cérébral se développe.

L'hypoglycémie (chute du taux de sucre).

Les petits oiseaux ont des réserves énergétiques très limitées. Une perruche ondulée ou un canari qui ne parvient pas à accéder à sa nourriture, qui cesse de s'alimenter à cause d'une autre maladie ou qui se retrouve coincé hors de sa cage pendant la nuit peut faire une crise d'hypoglycémie sévère allant jusqu'aux convulsions.

Les maladies hépatiques.

La lipidose hépatique (maladie du foie gras) est fréquente chez les perruches ondulées, les calopsittes et les amazones nourries de graines. Lorsque le foie n'élimine plus les toxines, celles-ci atteignent le cerveau, provoquant des convulsions, de la léthargie, une pousse excessive du bec et des griffes, ainsi que des urates de couleur verdâtre.

Les autres toxines.

Les émanations d'ustensiles de cuisine antiadhésifs surchauffés (Téflon), les pesticides, les bombes insecticides, certaines plantes d'intérieur, l'avocat, le chocolat et la caféine ont tous des effets neurotoxiques foudroyants chez les oiseaux.

Le coup de chaleur.

Un oiseau laissé en plein soleil dans une cage sans zone d'ombre, ou dans une voiture surchauffée, peut entrer en convulsion. Il s'agit d'une urgence thermique absolue ; le refroidissement doit être très progressif (ne jamais l'immerger dans l'eau froide).

Les infections et les accidents vasculaires.

Plusieurs virus aviaires s'attaquent au système nerveux, et les perroquets âgés peuvent développer des pathologies artérielles et faire des AVC. Ces diagnostics ne peuvent être posés que par un vétérinaire.

L'audit de la cage : prévenir la cause la plus fréquente

L'intoxication aux métaux lourds est la cause de convulsions que vous pouvez réellement éliminer de votre foyer, et cela ne demande qu'un après-midi d'attention.

Un oiseau de compagnie à côté d'une balance de précision, de boîtes de nourriture et d'accessoires de cage
Les accessoires de la cage, les attaches de jouets et l'alimentation stockée sur l'étagère sont les principaux suspects lors de convulsions aviaires.

Checklist0/11

Ce qu'il ne faut jamais faire

Ne tenez pas et ne contenez pas un oiseau en crise.

Ne mettez rien dans son bec. Les oiseaux ne peuvent pas avaler leur langue ; forcer l'ouverture du bec peut fracturer leur mâchoire et vous expose à une morsure douloureuse.

Ne lui donnez ni eau, ni nourriture, ni eau sucrée, ni aucun remède maison pendant ou immédiatement après la crise. Le risque de fausse route (aspiration pulmonaire) est extrêmement élevé et bien plus dangereux que la crise elle-même.

Ne lui administrez aucun médicament prescrit pour un autre animal, et n'utilisez jamais d'anticonvulsivant humain.

Ne supposez pas qu'une crise unique n'était qu'un accident sans lendemain. La cause sous-jacente est toujours présente.

Ne placez pas de tapis chauffant à l'intérieur de la boîte de transport avec un oiseau hébété qui serait incapable de s'en éloigner.

N'attendez pas sous prétexte que l'oiseau semble à nouveau en pleine forme. L'intoxication aux métaux lourds et les maladies hépatiques permettent à l'oiseau de paraître tout à fait normal entre deux crises, jusqu'à ce que son état se dégrade brutalement.

Gros plan sur l'œil et le plumage d'un oiseau de compagnie
Après une crise, assurez-vous que l'oiseau s'agrippe normalement, suit les mouvements des yeux et lisse à nouveau ses plumes.

Mon oiseau a fait une seule crise et se comporte tout à fait normalement depuis. Dois-je quand même consulter ?
Oui, le jour même si possible. L'intérêt de la consultation n'est pas de stopper la crise (qui est déjà passée), mais d'en identifier la cause pendant qu'elle est encore traitable. L'intoxication aux métaux lourds et l'hypocalcémie se manifestent souvent par des phases de récupération totale entre les épisodes.
Comment différencier une convulsion d'une terreur nocturne ?
Par le moment de survenue et la récupération. La terreur nocturne se produit dans l'obscurité, s'accompagne de battements d'ailes désordonnés contre les barreaux et s'arrête instantanément dès que l'on allume la lumière, révélant un oiseau effrayé mais parfaitement conscient. Une convulsion peut survenir à tout moment, l'oiseau ne réagit plus pendant la crise et reste hébété pendant un certain temps après.
Puis-je prendre mon oiseau dans mes bras pour le rassurer pendant une crise ?
Uniquement si la sécurité immédiate de l'oiseau l'exige. Contenir le corps d'un oiseau l'empêche de respirer, car les oiseaux n'ont pas de diaphragme et ventilent en faisant bouger leur bréchet et leurs côtes. Ce dont votre oiseau a besoin à ce moment-là, ce n'est pas de réconfort physique, mais d'espace, de calme et d'une surface douce pour amortir sa chute.
Les convulsions chez les oiseaux peuvent-elles être contrôlées à long terme ?
Lorsque la cause est identifiée et corrigée (comme l'élimination des métaux lourds ou la correction du taux de calcium et de l'alimentation), les crises cessent généralement d'elles-mêmes. Si aucune cause n'est trouvée, les vétérinaires aviaires peuvent prescrire des traitements à long terme, une décision prise sur la base d'examens approfondis et non sur les seules crises.

Quand demander de l'aide

Consultez immédiatement si la crise dure plus de deux minutes, en cas de crises multiples dans la même journée, après un choc à la tête, si l'oiseau ne s'alimentait plus avant la crise, ou s'il ne reprend pas conscience.

Consultez le jour même pour toute première crise, pour un simple tremblement chez un oiseau déjà affaibli, ou si la crise s'accompagne de régurgitations, de faiblesse ou d'une modification des fientes.

Un oiseau de compagnie serein et en bonne santé à la lumière douce du jour
Une fois la cause identifiée et éliminée, de nombreux oiseaux reprennent une vie tout à fait normale.

Apportez la vidéo, la durée précise de la crise, l'espèce et l'âge de l'oiseau, son suivi de poids hebdomadaire, le détail de son alimentation réelle (y compris ce qu'il trie), une photo ou un échantillon de chaque élément métallique de sa cage, la liste des produits utilisés dans la pièce (aérosols, poêles antiadhésives) et tout historique récent de choc en vol. Le vétérinaire aviaire réalisera généralement des analyses de sang et des radiographies ; ces informations précieuses lui permettront de cibler ses recherches en priorité.

My highlights & notes

Cet article est informatif et ne remplace pas un avis vétérinaire. Si votre animal est malade, consultez un vétérinaire.

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